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   SPECTACLE VF TEXTE RUSSE EN BELGIQUE



black milk

La pièce

Brillants arnaqueurs moscovites représentants en électroménager, Lyovchik et sa femme Shura, enceinte de huit mois, sillonnent la Russie rurale. Leur quête de l'argent facile les conduit au milieu de nulle part. Dans une gare où les trains sont une denrée aussi rare que les grille-pain qu'ils espèrent vendre au prix fort, il leur faut attendre. Et affronter ceux qu'ils ont escroqués : une veuve imaginaire, la guichetière qui vit de commerce clandestin, un communiste accompagné d'une foule d'hommes et de femmes, eux aussi prêts à tout tenter pour améliorer leur condition. Quand l'espoir renaît le temps d'un voyage...
Avec beaucoup d'humour et de tendresse, l'auteur sort des sentiers battus et épingle les divisions d'une société à deux vitesses, où tout semble douloureusement en disharmonie. Évoluant dans un no man's land coloré d'absurdité, ses personnages fantasques et attachants sont les porte-parole de la Russie postsoviétique où perspective d'avenir rime souvent avec détresse, violence et combine.
Une réalité à la fois incisive et poignante.



Paroles de metteur en scène

Avec Black milk, Vassilii Sigariov, jeune auteur un peu marginal, écrivain de l'ombre qui ne fréquente pas les salons de l'Intelligentsia, nous parle de sa Russie d'aujourd'hui, sa "Terre Natale Infinie", de sa douleur, de sa dysharmonie, de son injustice. Elle lui donne envie "de crier, de gémir, de hurler". C'est ce qu'il nous dit d'entrée de jeu, dès la première réplique de la pièce. Il nous emmène dans l'épicentre de ce pays gigantesque. L'épicentre : une gare perdue au milieu de nulle part. Une gare où les trains ne s'arrêtent presque jamais. En attente. En observation. On y observe des rapports humains. Sigarev nous les dépeint avec humour et férocité, avec lucidité et tendresse.
Ces rapports humains qui sous-tendent toute la pièce nous ramènent immédiatement à nous-mêmes, occidentaux repus et revenus de tout. Sigariov ne nous parle pas seulement de la Russie. Cette société fracturée, en quête d'elle-même, c'est aussi la nôtre. Ces espoirs déçus, ces désillusions, ces petites combines pour survivre sont aussi les nôtres. Cette course éperdue au profit est aussi notre course folle.
Black milk, le lait noir, métaphore de ce qui pollue notre environnement mental, psychologique et relationnel.






Black milk (Le lait Noir)

Texte
Vassilii Sigariov
Traduction française
Isabelle Anckaert

Mise en scène
Sylvie de Braekeleer

Scénographie
Olivier Wiame
Costumes
Françoise Van Thienen
Lumières
Xavier Lauwers
Décor sonore
Pierre Jacqmin
Assistante m.e.s.
Julie Nayer
Maquillages
Zaza da Fonseca
Régie générale
Quentin Rommelaere

Avec
Cédric Eeckhout
Itsik Elbaz
René Georges
Lieve Phlippo
Anne Sylvain
Nicole Valberg
Anne Yernaux


Production
Théâtre du Rideau - Bruxelles

Créé le 06 janvier 2006
à l'occasion d'Europalia Russia








La presse

L'interprétation de Lieve Phlippo et d'Itsik Elbaz rend justice à la tendresse que manifeste l'auteur pour le couple d'escrocs, prédateurs impitoyables mais aussi victimes d'un mirage qui les détruit. Ils ont ce qu'il faut de méchanceté, de candeur et d'égarement pour échapper à la caricature. La truculente employée du chemin de fer campée par Anne Sylvain révèle les contradictions internes des uns et des autres et incarne la lucidité résignée d'un peuple qui, depuis la chute des tsars, attend toujours un peu de justice sur cette terre
Philip Tirard - La Libre Belgique - 01/2006

Cette écriture moderne, Sylvie de Braekeleer l'a saisie à bras-le-corps, pour accentuer l'humeur de l'auteur. Dans sa mise en scène naturaliste, les clichés creusent plus profond encore entre les moujiks benêts et les nouveaux capitalistes cyniques et violents. Simpliste et naïf, Black Milk laisse ainsi un goût forcément âpre mais pas désagréable.
Catherine Makereel - Le Soir - 10/01/2006


 

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