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    TRADUCTION A PARAITRE

 


PAVEL PRIAJKO

Une vie réussie

traduction Tania Mouilevskaia & Gilles Morel


Extrait de la pièce

1.

Vadim est assis sur l’accoudoir du fauteuil. Alexeï, le frère de Vadim, visiblement perturbé, fait des allers-retours dans la pièce. Vadim se sent un peu coupable bien qu’il ne comprenne pas pour quelle raison.

2.

Vadim et Léna s’embrassent dans une pièce. Il pousse la jeune fille sur le divan. Ils font l’amour.

3.

Vadim est assis sur une chaise, il se coupe les ongles en s’aidant parfois avec ses dents. Léna, allongée sur le lit, regarde Vadim. Vadim est concentré sur ses ongles, il n’accorde aucune attention à la jeune fille.

LENA. – Vadim, t’es un vrai débile.
VADIM, en souriant. – Pourquoi ?
LENA. – Pffou !


Léna s’affale sur les coussins, elle en a marre de tout.

VADIM, en souriant. – C’est quand que tu m’as en cours de gym ?

Léna ne change pas de position, elle se tait.

VADIM. – Léna ? C’est quand que tu m’as en cours de gym ?.. Léna ?

Léna ne répond pas. Vadim continue de se couper les ongles en s’aidant parfois avec les dents.

VADIM, en souriant. – Toi et Angéla, on va vous mettre en taule pour racolage.
LENA. – Mais oui !
VADIM. – Oui.
LENA. – Pour m’avoir racolé… D’abord vous m’avez saoulé et ensuite racolé. Alors que j’étais saoul. Qu’est-ce que z’avez branlé…

Léna relève la tête.

LENA, agacée. – Branlé, branlé ! Débile. Vadim passe-moi…

Vadim en souriant lui propose du feu.

LENA. – Débile ! Cigarette !
VADIM. – Léna, je plaisante, calmos.

Vadim ramasse le paquet sur la table, en sort une cigarette, l’allume, la tend à Léna. Léna prend la cigarette et dit :

LENA. – Passe moi le ‘drier.

Angéla entre. Comme Vadim et Léna, elle est en sous-vêtements.

VADIM, en souriant. – Eh ben toi Angéla, quand tu chies, tu chies. Pris ton temps, dis donc.

Angéla menace Vadim du poing. Vadim se protège la tête du coup imaginaire.

VADIM. – Aie !
LENA. – Vadim ! Passe le ‘drier, merde ! En foutre plein les draps.

Angéla se faufile sous la couverture à côté de Léna. Vadim se dirige vers le cendrier. Angéla s’empare de la cigarette de Léna, tire une taf. Elles fument à tour de rôle. Vadim leur tend le cendrier.

VADIM. – Le v’là.

Une des filles prend le cendrier. Vadim contemple ses ongles, contrarié par quelque chose, il commence à en ronger un.

LENA. – Putain, Vadim, arrête de te ronger les ongles !

Léna frappe l’épaule de Vadim. Il sourit, tout ça lui plaît bien.

VADIM. – Tu vois bien Angéla, elle m’emmerde !

Léna le menace de nouveau du poing, Vadim esquive en bondissant du lit.

VADIM. – Et moi, je continue, tiens voilà, regarde !

Vadim se ronge les ongles avec ostentation.

LENA. – Espèce de con ! Toi, genre débile, Vadim, t’es au top !
VADIM. – Angéla, toi aussi tu crois que je suis top débile ?
LENA. – Dis-lui qu’il est débile !

Angéla, après avoir tiré une taf, souffle la fumée sans répondre.

LENA. – Débile. Je t’ai passé mes ciseaux, merde, qu’est-ce que t’as à te les ronger ?!

Angéla s’affale sur le coussin. Ce qui se passe ne l’intéresse absolument pas.

VADIM, en souriant. – Tu savais pas que les profs de gyms sont top débiles ?..
Savais pas ?.. Léna ?
LENA. – Dégage, qu’est-ce tu m’veux ?
VADIM. – Tu savais pas que les profs de gyms sont top débiles ?

Léna écrase son mégot dans le cendrier.

VADIM, en souriant. – Léna ?
LENA. – Qu’est-ce tu m’veux ? Pourquoi t’embêtes pas Angéla, vas-y !
VADIM. – Angéla s’est trop chié dessus et elle dort, c’est bon. Dis Angéla !


Angéla se tait sans changer de position. Vadim et Léna attendent sa réaction en souriant.

VADIM. – Angéla, montre-moi ton cul. T’as un si joli cul.

Angéla montre son cul à Vadim.

VADIM. – Merci. T’as un cul plus joli que celui de Léna.
LENA. – De quoi ?!
VADIM. – Je plaisante, je plaisante ! Toi aussi, tu as un très joli cul.
LENA. – C’est mieux comme ça ! Compris ?

Angéla se glisse sous la couverture. Vadim s’assoit sur la chaise, enfile ses chaussettes. Léna en souriant regarde Vadim s’habiller.

VADIM. – Qu’est-ce que t’as, Léna, à me regarder comme ça ?
LENA. – Débile.

Léna pose le cendrier sur le plancher.

VADIM. – Angéla tu as entendu des toilettes ce que je disais ? Qu’on va vous mettre toutes les deux en prison pour racolage. Pour m’avoir racolé.
LENA. – Pffou !

Léna se lève du lit, ramasse son collant par terre, elle commence à l’enfiler.

LENA. – Espèce de débile. Top débile. (En le caricaturant.) Va vous mettre pour racolage. Non mais.
VADIM, en souriant. – Et alors ?

Léna en étirant son collant sur elle, dit.

LENA. – Angéla on y va c’est bon. Reste encore à faire la chimie pour demain, pour le contrôle.
VADIM. – Allez-y. Allez-y les filles faire votre chimie…

Angéla bondit vers Vadim et tente de le frapper. Vadim en souriant attrape les mains de Léna et l’empêche de le frapper. Tous les deux s’amusent.

LENA. – Lâche-moi !
VADIM. – Oui !

Léna essaie de donner un coup de pied à Vadim. Vadim la lâche et bondit en arrière. Angéla se lève du lit, s’habille, elle n’accorde aucune attention à Vadim et Léna. Pour elle, ce qui se passe est assez traditionnel.

LENA. – Non mais !
VADIM, en souriant. – C’est toi qui a commencé.
LENA. – C’est bon toi j’ai dit ! T’as compris Vadim ?

Vadim regarde Léna en souriant.

LENA. – Vadim tu m’as compris ?
VADIM. – Mais qu’est-ce que tu veux que je comprenne Léna ?
LENA. – Dis-lui Angéla !
ANGELA. – Lâchez-moi, j’arrive pas ma deuxième socquette.

Angéla se penche sous le lit à la recherche de sa socquette.

LENA. – Vadim, je t’ai dit !
VADIM, en souriant. – Et qu’est-ce qui va m’arriver ?
LENA. – C’est bon toi j’ai dit ! Laisse que je m’habille.

Léna rassemble ses affaires dispersées autour du lit. Angéla a retrouvé sa socquette, elle continue de s’habiller.

VADIM, en souriant. – Léna. Et qu’est-ce qui va arriver ? Tu vas me les couper ?
LENA. – C’est bon toi j’ai dit !
VADIM. – Tu vas me les couper, c’est ça ?
LENA. – Laisse que je m’habille, c’est bon toi j’ai dit !
VADIM. – S’il te plaît, Léna, ne me les coupe pas.
LENA. – Dégage Vadim !
VADIM. – S’il te plaît.

Les deux filles s’habillent. Vadim taquine Léna.

VADIM. – Allez, s’il te plaît… Léna… Léna… Léna… Léna, allez, s’il te plaît.
LENA. – Va te faire.
VADIM. – Tu vas pas me les couper alors ?
LENA. – Laisse que je m’habille merde, y’en a déjà marre de tout ça Vadim, tu fais trop top débile des fois ! Dis-lui Angéla.
VADIM. – D’accord.

Tous les trois s’habillent en silence.

ANGELA. – Bon eh Vadim pouvons pas venir au cours de gym demain ?
VADIM. – D’accord. Alors venez juste à la fin des cours, achetez Léna et toi une bouteille de vodka et on picolera. Je prends un et demie de bière, d’accord Léna ?.. Léna… Léna.
LENA. – Quoi ?
VADIM. – Otchakovo ? Ou bien une autre que je t’achète ?
LENA. – C’que tu veux ! Tu sais bien laquelle j’aime, hein ! Angéla où sont mes cigarettes pas vu ?
ANGELA. – Niet.
VADIM. – Léna sont là qui traînent. Je les ai posées sur le plancher. Voilà.
LENA. – Ah oui, le vois.
VADIM. – Bon, dans ce cas je t’achète Obologne Lager. Et toi, tu veux quoi Angéla ?
ANGELA. – M’en fous.


 




Personnages

LENA
ANGELA
VADIM
ALEXEI

LE CHAUFFEUR
LA MAMIE AVEC LE CHIEN
LA MERE D'ALEXEI ET D'IGOR








priajko

Pavel Priajko devant Teatr.doc
Moscou, septembre 2009











priajko

affiche Une vie réussie
au Teatr.doc Moscou

PRIX SPECIAL
Festival GOLDEN MASK Moscou - 2010


 

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